L'Allemagne doit assumer son "rôle de leader" européen en menant une "politique de croissance" et en jouant plus pleinement la carte de la solidarité, a déclaré mardi le commissaire général à l'Investissement du gouvernement français, Louis Gallois.
S'inquiétant des divergences de croissance et de compétitivité entre les économies de la zone euro, l'ex-patron d'EADS a estimé que Berlin devait "jouer son rôle de leader en Europe".
"Et qui dit leader, dit prise de responsabilité européenne, notamment en faisant tout ce qu'elle peut pour créer de la croissance en son sein", a-t-il détaillé lors d'un colloque organisé par l'assureur-crédit Coface à Paris.
Selon Louis Gallois, l'Allemagne dispose d'une "marge de manoeuvre formidable" pour mener "une politique de croissance", dès lors qu'elle a renoué avec l'équilibre budgétaire en avance par rapport aux prévisions, alors que ses voisins se débattent avec les déficits, et qu'elle engrange les excédents commerciaux, souvent au détriment de ses partenaires européens, France en tête.
En outre, "nous avons besoin que l'Allemagne dans son rôle de leader manifeste de la solidarité", a plaidé le commissaire à l'Investissement, assurant parler "à titre personnel".
Il a évoqué l'exemple des "project bonds", ces embryons d'émissions de dettes communes pour financer des projets d'infrastructures en Europe. Dispositif emblématique du "pacte de croissance" adopté fin juin par l'Union européenne, ces "projects bonds" vont dans un premier temps permettre à la Banque européenne d'investissement (BEI) de s'appuyer sur 230 millions d'euros issus du budget européen pour lever plus de 4 milliards d'euros sur les marchés.
"Je sais bien que les +project bonds+ posent un souci à l'Allemagne parce qu'elle a l'impression que c'est sur sa garantie que ça porte", mais pour l'instant cela représente "un montant infinitésimal par rapport à ce dont nous aurions besoin pour relancer l'investissement en Europe", a déclaré Louis Gallois.
"Si on a envie de mener de grands programmes structurants européens qui renforcent la compétitivité de l'Europe, il y a de la marge et c'est pas avec 230 millions d'euros qu'on le fait", a-t-il déploré.
Source : TribuForex